J’adore Noël, c’est ma fête préférée ! Comme je n’ai pas grandi dans la version de la famille idéale selon les schémas préétablis (un couple unis avec ses 2 enfants, versus une famille recomposée avec chaque parent remarié, ce que j’ai vécu dès mes 7 ans), j’ai toujours eu besoin de me raccrocher à cette fête et à la féérie qui l’entoure. J’avais donc envie de partager avec vous un article sur le sujet mais sous un angle différent que les articles du moment sur comment vous organiser pour préparer Noël.

Quoi de mieux que Noël pour passer des moments en famille et créer des souvenirs, créer des traditions avec vos enfants ? Dans notre culture, la fête de Noël est un incontournable, même si elle s’est éloignée de sa symbolique religieuse pour la plupart des gens.

Mais vous êtes-vous déjà demandé quelle (non) importance Noël a pour vous et pourquoi ? Quelle symbolique caractérise cette fête en tant que rite social ? Quelles idées sur cette fête vous transmettez à vos enfants ? Comment ils la perçoivent de leur côté ? Quels souvenirs ils auront des Noëls passés en famille ? Et surtout, vous êtes-vous déjà demandé quelle importance cette fête pouvait avoir dans leur construction individuelle ?

Aller, je vous embarque dans ce tourbillon de questions et vous aide à trouver vos réponses !

Les rites de Noël : entre souvenirs et transmission

Noël est la fête familiale par excellence et c’est comme ça qu’elle est marketée par toutes les enseignes. Regardez bien les pubs qui passent à la télé : elles nous montrent toujours une famille composée d’un père et d’une mère (on comprend tout de suite qu’ils s’aiment depuis le lycée, pas question de remariage ici, pas question non plus de couple gay/lesbien), 2 enfants et un grand-père et une grand-mère. Comment se positionner face à ça en tant que parent célibataire, parent divorcé, parent remarié, parent veuf ? Parce que sans qu’on le veuille, les enfants se construisent, entre autre, par rapport à ces images préconçues qu’ils voient partout, quelque soit la cellule familiale dans laquelle ils grandissent.

En avoir conscience vous permet de savoir ce que vous souhaitez transmettre à vos enfants, au travers de cette fête, et leur expliquer la symbolique qu’elle revêt pour vous.

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Au-delà du modèle familial, derrière Noël, on retrouve l’importance des rites. L’importance des rites dans le sentiment d’appartenance à un groupe, donc dans la construction sociale mais aussi dans l’importance de la construction identitaire : moi par rapport au groupe et moi en tant que personne. On se définit toujours par rapport à quelque chose : un trait physique (je suis blond(e), je suis grand(e), j’ai les yeux verts, etc.), un trait de caractère (je suis attentionné(e), je suis impatien(e), je suis extraverti(e), etc.) ou par une origine, une religion, une passion bref une appartenance à un groupe (je suis marseillais(e), je suis sportif/ve, je suis salarié(e), je suis juif/ve, etc.). Si nous vivions tous comme des ermites, nous n’aurions pas besoin de nous définir !

Le rite est une action collective, un ensemble de règles qui définissent le déroulement d’un cérémonial. Du rite, découlent des rituels qui sont la mise en œuvre du cérémonial, que l’on transmet à ses enfants. Il y a cette idée de tradition, ce qui construit le lien intergénérationnel et le lien social. Voilà pourquoi il est primordial, si vous fêtez Noël, de créer vos propres rituels avec vos enfants. Ils vont se construire à travers ses rituels et se détacher des images commerciales qu’on martèle dans les média. En effet, les rituels nous donnent des repères dans l’espace et dans le temps, ils sont un élément structurant de la vie, ils rythment les saisons, les âges de la vie. Ils ont aussi un côté rassurant. Grâce aux rituels que vous mettez en place avec vos enfants, ils vont se forger des souvenirs qu’ils se remémoreront lorsqu’eux-mêmes les transmettront à leurs enfants.

Créez vos propres traditions pour préparer Noël à partir de vos plus beaux souvenirs

1. Les films de Noël

Dès le mois de novembre et lorsqu’on en a l’occasion, on regarde des films de Noël avec ma sœur. On a beau avoir en avoir vu un certain nombre et connaître la fin dans les 5 premières minutes du film, c’est un moment qu’on partage et on adore ça ! C’est l’occasion de nous retrouver, de passer du temps ensemble et pourquoi pas de boire un bon chocolat chaud et grignoter quelques douceurs ! J’espère pouvoir continuer longtemps ces moments avec ma sœur et les reproduire aussi avec mes enfants plus tard.

2. Le calendrier de l’Avent

Mis à part un calendrier de l’Avent dans lequel j’avais eu des santons en plastique, pour mes 5 ou 6 ans environ, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai eu du chocolat parce que j’adooooore le chocolat ! Ma mère s’est toujours débrouillée, même lorsque j’ai quitté la maison pour mes études, pour m’envoyer un calendrier de l’Avent par la Poste si elle ne me voyait pas en novembre. Quand ma sœur était petite, elle a même cousu un calendrier de l’Avent en tissu grandeur nature et mettait des petits cadeaux elle-même dedans. Là encore, pendant mes études, je recevais plusieurs colis fin novembre, avec mes petits cadeaux emballés. Le calendrier de l’Avent est une tradition à laquelle je tiens et que je continuerai avec mes enfants, plutôt en mode DIY pour éviter de les habituer trop tôt au sucre ah ah !

À l’origine :

L’Avent est à l’origine le temps liturgique de l’attente. À partir du 4e dimanche avant Noël, les catholiques se préparent à « l’avènement » (origine du mot Avent) : la naissance de Jésus à Bethléem.

Même si le calendrier de l’Avent en est sans doute un des signes les plus manifestes du côté commercial de Noël, vu que maintenant on le décline sur d’innombrables thématiques (chocolat, capsule de café, bière, cosmétiques…), c’est un super rituel pour apprendre aux enfants à attendre Noël ! La notion du temps qui passe est difficile à appréhender pour les petits. Le calendrier de l’Avent matérialise ce temps et leur apprend aussi à être patient : on n’ouvre qu’une case par jour ! La psychanalyste Geneviève de Taisne – auteur de Dieu, la vie, l’amour et la mort. Comment en parler aux enfants et aux adolescents aujourd’hui – explique :

 L’ouverture quotidienne des petites fenêtres inscrit cette période dans un temps linéaire qui se déroule lentement. Un temps un peu différent du nôtre, éclaté, zappé. Nous sommes en permanence dans le présent, l’instantané. Le calendrier de l’Avent, lui, inscrit l’enfant dans le futur et lui permet de suspendre son désir. […] Le plaisir n’est pas immédiat. Cette capacité à attendre l’aide à se construire. Et cela est d’autant plus important que la plupart des enfants sont aujourd’hui habitués à avoir tout, tout de suite. 

Et Kinder a parfaitement compris cela et s’en sert dans une de ses publicités : « c’est quand qu’on attend Noël ? »

3. Le sapin de Noël

Pour le sapin de Noël, le souvenir est lié à mon père. Quand j’étais jeune, chaque 1er week-end de décembre, on partait à la recherche du sapin idéal. On prenait toujours le plus grand, plus de 2 m, car il y a une belle hauteur sous plafond dans son salon. Souvent on devait couper la cime afin de pouvoir accrocher l’étoile ! On prenait toujours un épicéa car ce sont les plus odorants et l’odeur du sapin embaumait toute la maison jusqu’en janvier.

boule de sapin de Noël

Par conséquent, pour moi, Noël est indissociable d’une odeur de sapin. Chez ma mère, on était team sapin artificiel et on le décorait tout début décembre aussi. Ainsi, la première année de mes études, ma mère m’a envoyé un petit sapin artificiel avec la décoration déjà accrochée, que j’ai gardé jusqu’à être en couple avec l’Homme. Depuis, on s’est mis à acheter un vrai sapin ensemble, même avant d’habiter ensemble et à le décorer avec des guirlandes et des boules qu’on avait aussi choisies ensemble. On a ainsi créé une de nos premières traditions de famille.

À l’origine :

Comme la plupart des symboles de Noël, le sapin vient des religions païennes qui ont précédé le christianisme. Dans de nombreuses célébrations (quelque soit les croyances), l’usage d’arbres à feuilles persistantes comme éléments de décoration. Quoi de plus symbolique, au cœur de l’hiver, que des arbres toujours verts, pour célébrer le retour de l’allongement des jours et du printemps ? Concernant le sapin de Noël décoré, on peut dater l’apparition de cette tradition du XVe siècle dans les pays germaniques. Si vous voulez plus de détails, je vous invite à cliquer sur les liens à la fin de l’article 😉

4. La crèche

La crèche est à la fois un souvenir lié à ma ville d’origine car je suis née et ai grandi à Marseille et que les santons de Provence sont indissociables de Noël pour moi, et aussi un souvenir lié à ma mère. Chaque année, elle crée des crèches magnifiques, très grandes, avec des santons qu’elle a peints elle-même et des matériaux naturels qu’elle va chercher (mousse, cailloux, feuilles, foin, etc.). J’adorais l’aider à construire la crèche quand je vivais à la maison. Elle m’a transmis cette tradition et maintenant que nous avons créé notre propre foyer avec l’Homme, j’ai très envie qu’on achète nos santons bruts et qu’on les peigne ensemble afin de personnaliser notre crèche. Cette année, nous n’avons pas le temps de descendre faire la foire aux santons à Marseille avant Noël donc on va rester avec nos quelques santons industriels mais l’année prochaine, on s’y attelle !

À l’origine :

Selon l’évangile de Luc, Marie a déposé Jésus dans la mangeoire d’une étable où elle s’était réfugiée avec Joseph. Le mot crèche désigne la représentation de la Nativité. La légende accorde l’« invention » de la crèche vivante à François d’Assise, au XIIIe siècle. Et les 1res crèches « en modèles réduits » firent leur apparition dans les églises au XVIe siècle à Prague avec les Jésuites.

À la fin du XIXe siècle apparaissent les santons provençaux. En provençal, santoun signifie petits saints. Les santons représentent tous les métiers traditionnels : le boulanger, le pêcheur, la tricoteuse, le berger… et symbolisent tous ceux et celles qui viennent à la crèche pour faire des offrandes à Jésus.

5. Le blé de la Sainte-Barbe

Pour moi, la Sainte-Barbe est une date incontournable dans la préparation de Noël. Chaque 4 décembre au soir, je plante mes grains de blé. Et c’est une date à anticiper car depuis que je ne vis plus sur Marseille, je ne peux plus acheter mes grains vu que c’est une tradition très locale ! Chaque année, je plante donc une petit coupelle afin d’ « économiser » les grains que ma mère ou mon père ont pu m’envoyer certaines années en novembre !

À l’origine : la tradition provençale, issue a priori de l’époque romaine, est de planter le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, dans 3 coupelles (représentant la Trinité), des grains de blé de la récolte précédente pour les faire germer. Cela apporte prospérité au foyer. Les coupelles font ensuite partie de la décoration de table le 24 au soir et le 25 à midi puis elles sont placées près de la crèche jusqu’à l’Epiphanie. Les germes étaient ensuite plantés en pleine terre.

Profitez de préparer Noël pour oublier le quotidien et partager des moments forts avec vos enfants

Chaque année, je commence à penser à Noël et aux cadeaux dès fin octobre/début novembre. Anticiper évite de devoir trouver des cadeaux à la dernière minute et d’acheter en désespoir de cause, sans savoir vraiment si l’achat plaira ! Difficile de faire des cadeaux personnalisés quand on a peu de temps ! D’ailleurs, si vous manquez d’idées à ce sujet, lisez mon article « Plus de 50 idées de cadeaux de Noël pour toute la famille ».

Vous concentrer sur Noël, presque 2 mois avant, permet aussi de vous détacher du quotidien, de prendre de la distance avec les tracas de la vie qui chargent votre mental !

Dès novembre, la féerie se ressent dans les rues avec les décorations qui s’illuminent, les marchés de Noël qui fleurissent un peu partout et les odeurs de vin chaud à la cannelle qui viennent titiller nos narines. Je ne sais pas ce qu’il en est dans votre milieu professionnel mais de mon côté, je sens les gens plus détendus, tout le monde se projette dans ses vacances et les moments en famille à venir. Quoi de mieux que de partager cette détente avec vos enfants ?! Servez-vous de vos week-ends de novembre et décembre pour faire des ateliers DIY avec eux et fabriquer des décorations à accrocher au sapin ou pour faire de la pâtisserie et préparer des biscuits de Noël à la cannelle ou à la confiture ! Prenez ce temps pour vous et votre famille, afin de créer les rituels que vous souhaitez transmettre à vos enfants ! Cette période est vraiment propice au partage, aux moments privilégiés, profitez-en !

En conclusion

Créer des rites avec vos enfants et/ou votre compagnon est une des clés d’une famille soudée ! Posez-vous des questions, essayez de savoir quels rites vous souhaitez transmettre et pourquoi, et réfléchissez à la manière de créer des moments forts pour laisser de beaux souvenirs à vos enfants, qu’ils auront à leur tour envie de transmettre 🙂

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noël : quelles traditions transmettez-vous à vos enfants ?

Crédits photos :

Photo de couverture : designed by Freepic.diller

Photo de la boule de Noël sur le sapin : designed by Valeria_Aksakova 

Photo de la crèche : designed by Freepik

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Céline

Home organiser & Blogueuse

Trentenaire hyperactive, je suis passionnée par l’organisation, le désencombrement et la revente d’occasion. Home organiser, je tiens ce blog pour partager mes conseils avec vous.

Le but : vous faire gagner en qualité de vie et en sérénité, en rendant l’organisation et le rangement passionnant !